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Maison de Nicolas Flamel

Le plus vieux Paris · 3e arrondissement

Maison de Nicolas Flamel

Une maison charitable de 1407, bâtie par un écrivain juré que les siècles suivants ont changé en alchimiste. Le loyer : des prières.

Photo : Fanfwah, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Nicolas Flamel a bel et bien existé, et sa vie n’a rien de fabuleux. Né vers 1330 ou 1340, il est écrivain public et copiste, puis libraire juré de l’Université, avec une échoppe puis une maison près de l’église Saint-Jacques-la-Boucherie. Vers 1370, il épouse Pernelle, une veuve. Entre son métier, les biens de sa femme et d’habiles placements immobiliers, le couple, sans enfants, prospère ; sur ses vieux jours, Flamel finance des œuvres pieuses : un portail pour sa paroisse, des arcades au cimetière des Innocents, des maisons pour les pauvres.

Celle-ci est la seule qui reste. Achevée en 1407, dix ans après la mort de Pernelle, elle abrite des boutiques au rez-de-chaussée et, au-dessus, des logements pour des travailleurs pauvres. Le loyer se paie en prières : une ligne de lettres gothiques, sous la corniche du premier étage, rappelle aux « hommes et femmes laboureurs » logés là qu’ils doivent dire chaque jour un Pater et un Ave pour les pauvres trépassés. Flamel n’y a jamais habité ; il meurt en 1418 et il est enterré à Saint-Jacques. Sa pierre tombale gravée, qui servit longtemps d’étal à une marchande de légumes après la démolition de l’église, est aujourd’hui au musée de Cluny.

L’alchimiste vient après. La rumeur grossit sa fortune dès la génération suivante ; au XVIe siècle, on lit dans ses arcades des Innocents des recettes chiffrées. En 1612 paraît sous son nom un Livre des figures hiéroglyphiques qui lui prête la pierre philosophale ; les historiens y voient un faux. La légende n’a jamais cessé d’enfler, jusque dans Harry Potter.

La maison a été remaniée. Le haut pignon qui lui valait le nom de « Grand Pignon » a disparu lors d’une restauration menée avant l’Exposition universelle de 1900, et les fenêtres ont été modifiées. La façade est classée en 1911 ; un restaurant occupe le rez-de-chaussée.

On la dit souvent la plus vieille maison de Paris. C’est une affirmation, non un fait établi. Elle est la plus ancienne dont une inscription fixe la date, et la base Mérimée la dit « probablement » la plus ancienne ; mais les maisons à pans de bois de la rue François-Miron et d’autres ont eu leurs partisans, et bien des façades plus récentes cachent des structures médiévales.

À regarder

  • L’inscription en lettres gothiques qui court sous la corniche, au-dessus du rez-de-chaussée.
  • Les initiales de Flamel, N et F, sculptées sur les piédroits.
  • Les quatre anges musiciens qui encadrent la porte centrale.
  • Les petites figures à phylactères sculptées sur les piliers entre les anciennes boutiques.
Photo : Tangopaso, Public domain, Wikimedia Commons

Chronologie

  1. c. 1370Nicolas Flamel épouse Pernelle (date incertaine)
  2. 1397Mort de Pernelle
  3. 1407Achèvement de la maison, daté par son inscription
  4. 1418Mort de Nicolas Flamel
  5. 1612Le Livre des figures hiéroglyphiques lance la légende de l’alchimiste
  6. 1911Façade classée monument historique

Plaques à moins de 250 m

  • 51 Rue De Montmorency · 10 m
    MAISON DE NICOLAS FLAMEL/ET DE PERNELLE SA FEMME/POUR CONSERVER LE SOUVENIR/DELEUR FONDATION CHARITABLE/LA VILLE DE PARIS A RESTAURÉ EN 1900/L'INSCRIPTION PRIMITIVE/DATÉE DE 1407
  • 203 Bis Rue Saint-Martin · 50 m
    LE SAVANT/GUILLAUME BUDÉ/ L'UN DES FONDATEURS'DU COLLÈGE DE France/PRÉVOT DES MARCHANDS/NÉ À PARIS EN 1467/ EST MORT/LE 25 AOUT 1540/DANS L'HOTEL/ QUI S'ÉLEVAIT/SUR CET EMPLACEMENT
  • 48, Rue Chapon · 120 m
    LE 14 AOUT 1944/S'EST TENUE DANS CET IMMEUBLE/UNE RENCONTRE/DES ORGANISATIONS DE LA RESISTANCE/DE LA POLICE PARISIENNE/EN PRESENCE DU /COLONEL ROL-TANGUY/CHEF REGIONAL F.F.I./QUI DECIDA DE L'ENTREE DES POLICIERS/DANS LE COMBAT INSURRECTIONNEL/POUR LA LIBERATION DE PARIS
  • Angle Rues Bachaumont Et Montorgueil · 130 m
    LE 4 JANVIER 1750 / RUE MONTORGUEIL / ENTRE LA RUE SAINT-SAUVEUR / ET L’ANCIENNE RUE BEAUREPAIRE / FURENT ARRÊTÉS / BRUNO LENOIR ET JEAN DIOT / CONDAMNÉS POUR HOMOSEXUALITÉ / ILS FURENT BRÛLÉS EN PLACE DE GRÈVE / LE 6 JUILLET 1750 / CE FUT LA DERNIÈRE EX
  • 8 Rue Bernard De Clairvaux · 140 m
    LE DEFENSEUR DU TEMPS/HORLOGE A AUTOMATES/COMMANDÉE PAR LA COGEDIM/A JACQUES MONESTIER EN 1975, /INAUGURÉE LE 8 OCTOBRE 1979/PAR LE MAIRE DE PARIS/JACQUES CHIRAC
  • 168 Rue Saint Martin · 180 m
    ICI / EST NÉ / LE POÈTE / GÉRARD DE NERVAL / 1808-1855
  • 48 Boulevard De Sébastopol · 210 m
    DANS LES SOUS-SOLS DE CET IMMEUBLE EN SEPTEMBRE 1940 AU 17 AOUT 1944/LE MOUVEMENT "RÉSISTANCE" DU 3EME ARRT AVAIT SON SIÈGE/PENDANT L'INSURRECTION DE PARIS, CE FUT LE POSTE DE COMMANDEMENT/DU GROUPE SÉBASTOPOL ET FILIALES
  • 18 Rue Chapon · 230 m
    PIERRE PACHET/écrivain et essayiste/vécut dans cet immeuble/de 1977 à 2016

Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées.

Sources

D’autres lieux tout près