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Galerie Vivienne

Passages couverts · 2e arrondissement

Galerie Vivienne

Le placement d’un notaire des années 1820, aux couleurs pompéiennes, où Vidocq montait jadis l’escalier du n° 13.

Photo : Anthony DELANOIX anthonydelanoix, CC0, Wikimedia Commons

Dans les années 1820, Paris découvre qu’une verrière peut changer un raccourci boueux en rue marchande. Louis-Auguste Marchoux, président de la chambre des notaires, achète un ensemble de maisons entre la rue des Petits-Champs et la rue Vivienne et confie en 1823 à l’architecte François-Jacques Delannoy le soin d’y percer un passage. Ouvert en 1826, il porte d’abord le nom de son propriétaire, puis très vite celui de la rue. Delannoy l’habille à la pompéienne : pilastres peints, couronnes, cornes d’abondance, caducée d’Hermès, dieu du commerce, et une rotonde sous coupole vitrée à l’endroit où la galerie se coude.

Le succès est immédiat. Un tailleur, un bottier, un libraire, un confiseur occupent les premières boutiques, et le passage, à deux pas du Palais-Royal et de la Bourse, se remplit de flâneurs. La galerie Colbert ouvre presque aussitôt à côté, et les deux se disputent la même clientèle. En 1840, l’escalier du n° 13 mène au logis d’Eugène-François Vidocq, l’ancien bagnard devenu chef d’une brigade de sûreté, déjà à demi légendaire dans le Paris de Balzac.

La fille du notaire, la sculptrice Anne-Sophie Marchoux, comtesse de Caen, lègue la galerie à sa mort, en 1870, à l’Académie des beaux-arts, afin que les loyers soutiennent les lauréats du prix de Rome. L’Académie en est toujours copropriétaire. La suite du siècle est moins heureuse : les boulevards d’Haussmann et les grands magasins attirent le commerce vers l’ouest, et dans les années 1960 les boutiques ferment l’une après l’autre.

L’inscription aux monuments historiques, en 1974, arrive à temps. Dans les années 1980 la mode s’y installe, Jean-Paul Gaultier parmi d’autres, et le passage redevient ce pour quoi il fut conçu : une promenade à couvert, à l’abri de la pluie, le long des vitrines. Une grande restauration, menée au milieu des années 2010, a suscité un débat public sur la part de patine qu’il fallait sacrifier.

À regarder

  • La rotonde sous la coupole de verre, là où la galerie change de direction.
  • Le sol de mosaïque, attribué par la Ville au mosaïste italien Giandomenico Facchina ; il est postérieur à l’ouverture, Facchina étant né en 1826.
  • L’escalier du n° 13, qui menait jadis chez Vidocq.
  • Les emblèmes peints du commerce : caducée, corne d’abondance, couronnes.
  • La vue sur la galerie Colbert voisine, la vieille rivale.
Photo : Chabe01, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Chronologie

  1. 1823Louis-Auguste Marchoux commande le passage à François-Jacques Delannoy
  2. 1826Ouverture ; le nom de galerie Vivienne remplace bientôt celui de galerie Marchoux
  3. 1840Vidocq habite au n° 13
  4. 1870Legs de la comtesse de Caen à l’Académie des beaux-arts
  5. 1974Inscription aux monuments historiques

Plaques à moins de 250 m

  • 37 Rue Radziwill · 70 m
    FRANÇOIS COUPERIN LE GRAND, 1668-1733, MUSICIEN, COMPOSITEUR, A HABITÉ DANS CET IMMEUBLE DE 1724 JUSQU'À LA FIN DE SA VIE
  • 9 Rue De Beaujolais · 100 m
    DANS CETTE MAISON COLETTE A VÉCU DE 1927 À 1929 ET DE 1938 JUSQU'À SA MORT LE 3 AOÛT 1954
  • 94 Rue De Beaujolais · 130 m
    COLETTE AU BORD DE CE JARDIN A PASSÉ SES DERNIÈRES ANNÉES
  • 36 Rue Montpensier · 180 m
    DE 1939 À 1963 JEAN COCTEAU A VÉCU, TRAVAILLÉ ET RAYONNÉ DANS CETTE MAISON
  • 13 Rue Du Mail · 180 m
    DANS CETTE MAISON/ LE MAITRE HONGROIS/ FRANÇOIS LISZT/ FUT ACCUEILLI PAR/ LA FAMILLE ERARD/ DE 1823 À 1878./ HIRHEDETT ZENÈSZE A VILAGNAK / BARHOVA JUSS. MINDIG HÜ ROKON!/ HUSZAR/ SZOBSASZ
  • 34 Rue De Montpensier · 200 m
    JACQUES CHARON/DOYEN DE LA COMEDIE FRANÇAISE/A VECU DANS CETTE MAISON/DE 1962 A 1975
  • 43 Rue Richelieu · 210 m
    ICI S’ÉLÉVAIT / LA MAISON OU LE / GÉNÉRAL / JEAN-BAPTISTE / DE GRIBAUVAL / RÉFORMATEUR / DE L’ARTILLERIE / FRANÇAISE / NÉ A AMIENS LE / 4 DÉCEMBRE 1715 / ET MORT LE 9 MAI 1789 /
  • 40 Rue Richelieu · 220 m
    ICI / S’ÉLEVAIT LA MAISON / OU / MOLIÈRE / NÉ À PARIS / LE 16 JANVIER 1622 / ET MORT / LE 27 FÉVRIER 1673

Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées. 10 en tout dans ce rayon.

Sources

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