À l’est de la Bastille, la route de Vincennes traversait les terres de l’abbaye royale de Saint-Antoine-des-Champs. En 1471, selon le récit habituel, Louis XI autorise les artisans travaillant sur le territoire de l’abbaye à exercer leur métier hors des corporations parisiennes, qui réglaient strictement qui pouvait fabriquer et vendre quoi dans la ville. Menuisiers, ébénistes et sculpteurs s’y installent de plus en plus nombreux, et le privilège est confirmé au XVIIe siècle. Pendant trois siècles, le faubourg Saint-Antoine est l’atelier du meuble parisien, et le métier façonne son bâti : de longues parcelles étroites partant de la rue, avec cour après cour d’ateliers, de magasins et de logements.
La cour de l’Étoile-d’Or est l’une des plus complètes qui subsistent. Elle naît vers 1640 comme une maison de plaisance avec cour et jardin, derrière une façade sur le faubourg. De cette maison ne reste qu’un escalier, à rampe de bois des années 1640. À mesure que les ébénistes s’installent, les propriétaires construisent : au début du XVIIIe siècle, des bâtiments bas d’un ou deux niveaux autour de la première cour ; une seconde cour, de travail, à la place d’une partie du jardin ; puis, au XIXe siècle, des ateliers et un haut bâtiment industriel qui comblent le reste. Le nom vient de l’enseigne qui pendait autrefois à l’entrée.
La première cour, longue d’une quarantaine de mètres, conserve une maison du début du XIXe siècle ornée d’une frise de palmettes et, sur son mur, un cadran solaire vertical déclinant, tracé pour un mur qui ne regarde pas plein sud. Les pavés, les toits inégaux et le mélange des siècles en font une coupe à travers l’histoire du faubourg.
Le meuble a largement quitté le faubourg, et les ateliers sont devenus studios, bureaux et logements. Dans les années 1990, le site est rénové, et la seconde cour prend le nom de cour des Shadoks, en hommage à Jacques Rouxel, créateur de la série d’animation culte Les Shadoks, qui y vécut. La rampe d’escalier est protégée depuis 1928, les façades et toitures des deux cours depuis 1997.
À regarder
- Le cadran solaire vertical sur la maison à frise de palmettes, dans la première cour.
- La rampe de bois de l’escalier des années 1640, seul vestige de la maison d’origine.
- Le bâtiment d’ateliers de quatre étages, fin XIXe, dans la seconde cour.
- La parcelle elle-même, profonde et étroite, où les cours s’enchaînent, typique du faubourg.

Chronologie
- 1471Louis XI affranchit des corporations les artisans des terres de l’abbaye (date incertaine)
- c. 1640Construction d’une maison de plaisance ; son escalier subsiste (date incertaine)
- early 1700sBâtiments bas ajoutés autour de la première cour (date incertaine)
- late 1800sBâtiment d’ateliers de quatre étages dans la seconde cour (date incertaine)
- 1928Protection de la rampe d’escalier, de la façade sur rue et de la toiture
- 1997Protection des façades et toitures des deux cours
Plaques à moins de 250 m
- 51 Rue De Lappe · 100 m
ICI EST NE LE 25 NOVEMBRE 1917/FRANCIS LEMARQUE/FILS DE ROSE ET JOSEPH KORB/AUTEUR COMPOSITEUR INTERPRETE/POETE DE PARIS/DECEDE LE 20 AVRIL 2002
Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées.



