Dans les années 1840, le passage des Panoramas connaît une telle affluence qu’une société d’investisseurs parie que la foule traversera le boulevard Montmartre si un autre passage l’attend en face. La société est présidée par le comte Félix de Jouffroy-Gonsans, qui donne son nom au nouveau passage, et les architectes en sont François-Hippolyte Destailleur et Romain de Bourges. Les travaux commencent en 1845 ; l’ouverture suit dans les deux années suivantes, les sources ne s’accordant pas sur la date exacte.
Sa nouveauté tient à sa structure. Les passages plus anciens cachaient du bois sous le plâtre ; celui-ci est fait de fer et de verre, le bois réservé au décor, et c’est le premier de Paris chauffé par le sol. Le terrain, ancien jardin de l’hôtel Crozat, est irrégulier : le passage file droit vers le nord, tourne à angle droit, descend quelques marches et tourne encore avant d’atteindre la rue de la Grange-Batelière. Ce coude fait la moitié de son charme.
De l’autre côté de cette rue, la même idée se poursuit : le passage Verdeau, du nom d’un autre membre de la société, conduit vers le faubourg Montmartre. Avec les Panoramas au sud, les trois passages composent un parcours couvert de plusieurs centaines de mètres, interrompu seulement par le boulevard et une rue.
En 1882, Arthur Meyer, directeur du Gaulois, et le caricaturiste Alfred Grévin ouvrent à côté un musée de figures de cire dont la sortie donne dans la galerie. Le musée Grévin garde le passage vivant quand d’autres déclinent. Inscrit aux monuments historiques en 1974, il est restauré en 1987, avec le retour de son dallage d’origine, puis en 2019. Un hôtel du passage, qui remonterait à son ouverture, ne s’appelle hôtel Chopin que depuis le XXe siècle ; aucun lien avec le musicien n’est attesté.
À regarder
- Le coude à angle droit et les quelques marches à mi-parcours.
- La sortie décorée du musée Grévin, dans le passage.
- Les fines nervures de fer de la verrière, un progrès sur le bois des passages antérieurs.
- La vue au nord, au-delà de la rue de la Grange-Batelière, sur le passage Verdeau, et au sud, de l’autre côté du boulevard, sur les Panoramas.

Chronologie
- 1845Début des travaux pour la société présidée par Félix de Jouffroy-Gonsans
- 1846Achèvement des travaux ; la Ville de Paris date l’ouverture de 1847 (date incertaine)
- 1882Ouverture du musée Grévin contre le passage
- 1974Inscription aux monuments historiques
- 1987Restauration et retour du dallage d’origine
Plaques à moins de 250 m
- 11 Rue De La Grange Bateliere · 50 m
Comte Félix de Jouffroy Gonsans / Promoteur du passage / 1844
- 10 Rue De La Grange Bateliere · 80 m
EDIFIE SOUS LOUIS XV / HOTEL DE Mr. DE NOLIVOS CAPITAINE / AUX GARDES FRANCAISES SOUS LOUIS XVI / RESIDENCE DU MARQUIS DE LILLERS / CHAMBELLAN DE L'EMPEREUR NAPOLÉON Ier / CERCLE ROMANTIQUE DE Mr. TATTET / QUI RÉUNISSAIT VIGNY.MUSSET / ET VICTOR HUGO
- 4 Rue Rossini · 100 m
ICI / DÉCÉDAIT LE 7 MAI 1951 / LE POÈTE / ROBERT DE BÉDARIEUX
- 1 Rue Drouot · 150 m
ICI SE TROUVAIT/LE GOLF DROUOT/« TEMPLE DU ROCK »/FONDÉ PAR/HENRI LEPROUX/OÙ DE 1955 À 1981/SE FIRENT CONNAITRE DE NOMBREUX TALENTS/DE LA SCÈNE FRANÇAISE
- 27 Boulevard Poissonniere · 180 m
FREDERIC CHOPIN/ HABITA CETTE MAISON/ 1831-1832
Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées.



