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Passage des Panoramas

Passages couverts · 2e arrondissement

Passage des Panoramas

Nommé d’après des rotondes disparues, le doyen des passages parisiens, premier lieu public de la ville éclairé au gaz.

Photo : GFreihalter, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

Le nom est un fantôme. Vers 1799-1800, un Américain, James Thayer, achète l’ancien hôtel de Montmorency-Luxembourg, au bord du boulevard Montmartre, et élève deux hautes rotondes côté boulevard. Dans chacune est tendue une toile peinte circulaire : on gravissait un escalier obscur pour déboucher sur une plate-forme, cerné par Paris vu des Tuileries ou par l’évacuation de Toulon. Le peintre était Pierre Prévost, premier maître français du genre. Robert Fulton, alors à Paris pour proposer un sous-marin à Bonaparte, avait apporté l’idée et ses droits, et en aurait tiré de quoi financer ses inventions.

Entre les deux tours, Thayer perce une allée de boutiques à travers l’îlot, et Paris, qui n’avait guère de trottoirs, l’adopte aussitôt. Le théâtre des Variétés s’installe à côté en 1807 et y déverse son public. Vers 1816-1817, le passage devient le premier lieu public de la capitale éclairé au gaz : l’essai d’une invention qui allait transformer la nuit de toutes les villes d’Europe.

Les rotondes sont démolies en 1831 ; le nom demeure. En 1834, l’architecte Jean-Louis Grisart remanie le passage et ouvre dans l’îlot trois galeries secondaires : Saint-Marc, des Variétés (qui mène toujours à l’entrée des artistes du théâtre) et Feydeau-Montmartre. La même année, un graveur s’établit au n° 47 ; sous Moïse Stern et ses successeurs, la maison grave cartes de visite et papiers à en-tête pour le beau monde jusqu’à son départ en 2008, et ses boiseries sculptées subsistent dans l’actuel café.

Zola y promène Nana, parmi la bimbeloterie et les becs de gaz, dans un roman situé en 1867. Viennent ensuite les marchands de timbres et de cartes postales, qui donnent encore au passage sa couleur. Inscrit aux monuments historiques en 1974, c’est le plus animé et le moins apprêté des grands passages, avec un charme un peu encombré de lieu habité.

À regarder

  • L’ancienne boutique du graveur Stern au n° 47, dont les boiseries sculptées sont conservées.
  • La galerie des Variétés et l’entrée des artistes du théâtre.
  • Les vitrines des marchands de timbres et de cartes postales, un commerce que le passage garde depuis plus d’un siècle.
  • L’entrée rue Saint-Marc, qui reprendrait le portail de l’ancien hôtel de Montmorency-Luxembourg.
Photo : anonymous, Public domain, Wikimedia Commons

Chronologie

  1. 1799James Thayer ouvre le passage entre deux rotondes de panoramas (1800 selon d’autres sources) (date incertaine)
  2. 1807Ouverture du théâtre des Variétés contre le passage
  3. c. 1817Premier éclairage au gaz d’un lieu public parisien (date incertaine)
  4. 1831Démolition des rotondes
  5. 1834Jean-Louis Grisart remanie le passage et ajoute trois galeries
  6. 1974Inscription aux monuments historiques

Plaques à moins de 250 m

  • 27 Boulevard Poissonniere · 140 m
    FREDERIC CHOPIN/ HABITA CETTE MAISON/ 1831-1832
  • 12 Place De La Bourse · 150 m
    NICOLAI GOGOL/ 1809-1852/ ÉCRIVAIN RUSSE/ A SEJOURNÉ DANS CETTE MAISON/ OU IL A TRAVAILLÉ A SON POÈME/ LES AMES MORTES
  • 1 Rue Drouot · 160 m
    ICI SE TROUVAIT/LE GOLF DROUOT/« TEMPLE DU ROCK »/FONDÉ PAR/HENRI LEPROUX/OÙ DE 1955 À 1981/SE FIRENT CONNAITRE DE NOMBREUX TALENTS/DE LA SCÈNE FRANÇAISE
  • 4 Rue Rossini · 210 m
    ICI / DÉCÉDAIT LE 7 MAI 1951 / LE POÈTE / ROBERT DE BÉDARIEUX
  • 11 Rue De La Grange Bateliere · 220 m
    Comte Félix de Jouffroy Gonsans / Promoteur du passage / 1844
  • 146 Rue Montmartre · 230 m
    ICI/ LE/ 31 JUILLET 1914/ JEAN JAURÈS/ FUT/ ASSASSINÉ// HOMMAGE DE LA LIGUE DES DROITS DE L'HOMME 1923
  • 10 Rue De La Grange Bateliere · 240 m
    EDIFIE SOUS LOUIS XV / HOTEL DE Mr. DE NOLIVOS CAPITAINE / AUX GARDES FRANCAISES SOUS LOUIS XVI / RESIDENCE DU MARQUIS DE LILLERS / CHAMBELLAN DE L'EMPEREUR NAPOLÉON Ier / CERCLE ROMANTIQUE DE Mr. TATTET / QUI RÉUNISSAIT VIGNY.MUSSET / ET VICTOR HUGO

Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées.

Sources

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