En 1879, un charpentier propriétaire d’une parcelle impasse du Maine y fait bâtir un atelier flanqué de deux petits pavillons, qu’il loue à des artistes. En janvier 1885, un jeune sculpteur de Montauban, Antoine Bourdelle, prend un atelier au n° 16. Peintres, graveurs et sculpteurs y vivent côte à côte ; Jules Dalou travaille à côté. Bourdelle fait monter ses parents du Midi et installe son père, ébéniste, dans un atelier au rez-de-chaussée, qui deviendra plus tard son atelier de peinture.
Il y reste jusqu’à sa mort, en 1929. Ce sont les années où il se fait un nom : une quinzaine d’années comme praticien dans l’atelier de Rodin à partir de 1893, puis la rupture avec la manière du maître dans l’Héraklès archer de 1909, tout en tension et en géométrie, et la longue suite de têtes de Beethoven poursuivie sa vie durant. Viennent ensuite les grandes commandes, dont le monument équestre au général Alvear pour Buenos Aires.
Après sa mort, le terrain est mis en vente. Grâce aux fonds avancés par le collectionneur Gabriel Cognacq, sa veuve Cléopâtre et sa fille Rhodia l’achètent, puis proposent ateliers et œuvres à l’État, qui refuse, enfin à la Ville de Paris, qui accepte. L’impasse est devenue rue Antoine-Bourdelle en 1930. Le musée ouvre le 4 juillet 1949, dans les pièces où il avait vécu et travaillé.
Il s’agrandit par étapes. En 1961, pour le centenaire de sa naissance, l’architecte de la Ville Henri Gautruche construit le grand hall des plâtres sur l’emplacement de l’ancien atelier de Dalou ; les plâtres du monument Alvear s’y dressent. En 1992, Christian de Portzamparc signe une seconde extension. Après une rénovation, le musée rouvre en mars 2023. Les ateliers d’origine, où demeurent ses outils et son mobilier, en restent le cœur.
À regarder
- Les ateliers d’origine, conservés avec les outils et le mobilier de Bourdelle.
- Le grand hall des plâtres de 1961 et les plâtres du monument Alvear.
- L’Héraklès archer : le plâtre de 1909 dans le hall, un bronze au jardin.
- Les têtes de Beethoven, sujet qu’il reprit sans cesse.
- La plaque de marbre de 1933 sur la façade, qui rappelle la présence de Bourdelle.

Chronologie
- 1885Bourdelle loue un atelier au 16 impasse du Maine
- 1909L’Héraklès archer
- 1929Mort de Bourdelle
- 1949Ouverture du musée le 4 juillet
- 1961Grand hall des plâtres d’Henri Gautruche, pour le centenaire
- 1992Extension de Christian de Portzamparc
- 2023Réouverture après rénovation, en mars
Plaques à moins de 250 m
- 16 Rue Antoine Bourdelle · 40 m
ANTOINE BOURDELLE / SCULPTEUR / (1861 - 1929) / HABITA CETTE MAISON / DE 1884 A 1929 / 1933
- 10 Rue Antoine Bourdelle · 100 m
LE PEINTRE PAÏLÉS / 1895 . 1978 / A VÉCU DANS CET IMMEUBLE / DE 1923 À SA MORT
- 18 Boulevard Vaugirard · 140 m
A LA MEMOIRE / DE JEAN-PIERRE BERNARD / DESSINATEUR A LA DIRECTION / DES TELECOMMUNICATIONS / DE PARIS / MILITANT C. G. T. / ASSASSINE AU METRO CHARONNE / LE 8 FEVRIER 1962
- 14 Avenue Du Maine · 190 m
ICI / VÉCUT / de 1908 à 1910 / GIBRAN KHALIL GIBRAN / 1883 . 1931 / PEINTRE et POÈTE / LIBANO.AMÉRICAIN
- 3 Rue D Alen?on · 240 m
LE POETE ITALIEN / LIONELLO FIUMI / 1894-1973 / A VECU DANS CETTE MAISON
Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées.



