En 1666, Colbert donne à Louis XIV une Académie des sciences, et les académiciens ont besoin d’un lieu pour observer le ciel. On choisit un terrain dégagé au sud de la ville, et le jour du solstice d’été 1667, le 21 juin, les mathématiciens de l’Académie y tracent la ligne qui deviendra le méridien de Paris. Le bâtiment est confié à Claude Perrault, médecin, anatomiste et architecte, frère de Charles Perrault des contes, et construit de 1667 à 1672 environ, son grand axe orienté exactement nord-sud, ses murs tournés vers les points cardinaux.
Perrault dessine un monument ; les astronomes veulent un instrument. Jean-Dominique Cassini, appelé de Bologne en 1669, conteste une bonne part du projet, et l’édifice est modifié en cours de chantier. Cassini reste, devient français, et son fils, son petit-fils et son arrière-petit-fils dirigent l’Observatoire après lui pendant plus d’un siècle. Depuis ces terrasses, Cassini découvre quatre satellites de Saturne, et en 1676 l’astronome danois Ole Rømer, travaillant ici sur les observations des satellites de Jupiter, conclut que la lumière ne se propage pas instantanément mais à une vitesse finie.
Le méridien traverse le bâtiment en son milieu, matérialisé par une ligne de laiton dans le sol de la grande salle qui porte aujourd’hui le nom de Cassini. Il fut le zéro des cartes françaises et de l’heure de Paris jusqu’en 1911, et servit à la mesure de Dunkerque à Barcelone qui définit le mètre. Au XIXe siècle, sous François Arago puis Urbain Le Verrier, des coupoles sont ajoutées sur le toit pour de nouvelles lunettes.
On présente souvent l’Observatoire de Paris comme le plus ancien observatoire astronomique encore en activité sur son site d’origine. En 1994, l’artiste néerlandais Jan Dibbets reçoit commande d’un hommage à Arago : 135 petits médaillons de bronze scellés dans les trottoirs, les cours et les sols, le long du méridien, du nord au sud de Paris. C’est une œuvre contemporaine, non un repère historique, et plusieurs médaillons ont disparu, volés ou arrachés par les travaux ; mais les suivre permet de marcher sur le méridien à travers Paris.
À regarder
- Le bâtiment lui-même, orienté exactement sur les points cardinaux, sur le méridien.
- Les coupoles du XIXe siècle sur le toit, dont la coupole Arago.
- Les médaillons de bronze « ARAGO » de Jan Dibbets dans le trottoir alentour, marqués N et S.
- La longue perspective vers le nord, par l’avenue de l’Observatoire jusqu’au Luxembourg, qui suit à peu près le méridien.

Chronologie
- 1667Tracé du méridien le 21 juin ; début de la construction sur les plans de Claude Perrault
- 1669Arrivée de Jean-Dominique Cassini, venu de Bologne
- c. 1672Achèvement du bâtiment (date incertaine)
- 1676Rømer conclut que la lumière a une vitesse finie
- 1926Classement monument historique
- 1994Commande à Jan Dibbets des médaillons Arago
Plaques à moins de 250 m
- 16 Rue Cassini · 100 m
Camille Flammarion 1842-1925 Fondateur de l'Observatoire de Juvisy et de la Société astronomique de France a vécu dans cette maison
- 34 Rue Du Faubourg-Saint-Jacques · 110 m
ACHILLE OUVRÉ / Peintre-Graveur / NÉ A PARIS LE 26 JUILLET 1872 / A HABITE DEPUIS 1911 / DANS CETTE MAISON / OÙ IL EST MORT LE 26 MARS 1951
- 2 Rue Cassini · 130 m
ICI / ALAIN- FOURNIER / 1886-1914 / A ÉCRIT LE GRAND MEAULNES / AVANT DE DISPARAÎTRE SUR LES HAUTS-DE-MEUSE / LE 22 SEPTEMBRE 1914 / """"Je cherche quelque chose de plus mystérieux encore...""""
- 34 Avenue De L'observatoire · 170 m
ICI FUT ARRETE / JEAN CAVAILLES / PROFESSEUR A LA SORBONNE / HEROS DE LA RESISTANCE / FUSILLE PAR LES ALLEMANDS / AU DEBUT DE 1944
- 92 Avenue Denfert-Rochereau · 200 m
INFIRMERIE MARIE THÉRÈSE / FONDÉE EN 1819 / PAR MME. DE CHATEAUBRIAND QUI REPOSE DANS LA CHAPELLE / CHATEAUBRIAND / HABITA ICI / DE 1826 À 1838
- 85 Boulevard Arago · 220 m
LA STATUE DE FRANCOIS ARAGO ÉRIGÉE EN 1893 A ÉTÉ DÉTRUITE EN 1942 PAR LE GOUVERNEMENT DE VICHY / LA VILLE DE PARIS ET L'ÉTAT ONT SOUHAITÉ RENOUVELER L'HOMMAGE PUBLIC / EN COMMANDANT À JEAN DIBBETS EN 1994 UN MONUMENT IMAGINAIRE CONcU PAR L'ARTISTE / ET COMPOSÉ de MÉDAILLONS MARQUÉS DU NOM DE L'ASTRONOME: ILS ONT ÉTÉ FIXÉS AU SOL SUR LE PAROCURS DU MÉRIDIEN DE PARIS/QUI TRAVERSE LA CAPITALE DU NORD AU SUD ET COUPE CETTE PLACE / A LA HAUTEUR DU SOCLE DE L'ANCIENNE STATUE
- 87 Boulevard Arago · 240 m
EN HOMMAGE AUX HABITANTS DE L'ILE DE / SEIN / EN JUIN 1940 LA MAJORITE DES SENANS / RALLIENT LES FORCES FRANCAISES LIBRES / ""CE JOUR-LA ILS ETAIENT LE QUART DE / LA FRANCE"" / LE GENERAL DE GAULLE / LE 1ER JANVIER 1946 L'ILE DE SEIN / DEVIENT VILLE COMPAGNON DE LA / LIBERATION
Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées.
Sources
- Wikipédia: Observatoire de Paris
- Wikipedia: Paris Observatory
- Sortiraparis: Peut-on aller dans l’Observatoire de Paris ?
- Paris ZigZag: L’origine des 135 médaillons disséminés sur le sol de Paris
- Encyclopædia Universalis: Dibbets Jan (1941- )
- Wikidata Q125813120 (coordonnées, CC0)
- Base Mérimée PA00086642



