La Lutèce romaine a établi son grand lieu de spectacle sur le versant est de la colline qui deviendra la montagne Sainte-Geneviève, sans doute à la fin du Ier ou au début du IIe siècle. C’est un édifice mixte, comme la Gaule en a connu plusieurs : amphithéâtre par son arène ovale, destinée aux combats et aux jeux d’animaux, théâtre par la longue scène logée dans un de ses côtés. On lui prête environ quinze mille places, chiffre étonnant pour une ville de province.
À partir du IIIe siècle, la ville se replie sur l’île de la Cité et l’arène devient carrière. Ses pierres partent dans les nouvelles murailles, la cuvette se comble. Au Moyen Âge, seul un lieu-dit, « les Arènes », près de l’abbaye Saint-Victor, en garde la mémoire, et les terres tirées des fossés de l’enceinte de Philippe Auguste achèvent de l’ensevelir.
Le hasard la fait ressurgir. Lorsque les ingénieurs d’Haussmann percent la rue Monge, à la fin des années 1860, l’archéologue Théodore Vacquer relève la partie nord des vestiges ; mais le terrain appartient à la Compagnie générale des omnibus, qui veut y bâtir un dépôt de tramways, et une bonne part est détruite ou recouverte. En 1883, la démolition d’un couvent voisin pour ouvrir une rue met au jour la partie sud et déclenche une campagne d’opinion. Victor Hugo, au soir de sa vie, prête son nom aux défenseurs, et une société d'« amis des Arènes » presse la Ville d’acheter et de protéger ce qui reste. Le monument est classé en 1884.
Un square s’ouvre autour de la moitié sud en 1892. Le reste n’est récupéré qu’après le rachat des terrains de la compagnie d’omnibus, pendant la Première Guerre mondiale ; l’anthropologue Louis Capitan dirige alors fouilles et restauration, une restauration qui reconstruit plus qu’elle ne consolide : certains gradins où l’on s’assoit datent du XXe siècle.
Aujourd’hui, l’arène est un square de quartier. Les enfants jouent au ballon là où l’on se battait peut-être, les boulistes y règlent leurs différends, et la scène avec ses niches fait face à un public de pigeons.
À regarder
- La longue scène et ses neuf niches : statues ou effet acoustique, on en discute encore.
- La différence entre la maçonnerie basse, ancienne, et les gradins supérieurs proprement rebâtis lors de la restauration des années 1910.
- L’entrée du 49 rue Monge, sous un immeuble ordinaire signalé par un buste de gladiateur au-dessus de la porte.
- Les gradins adossés à la pente de la colline, comme les bâtisseurs romains aimaient le faire pour économiser la maçonnerie.

Chronologie
- c. 100Construction de l’arène-théâtre sur le flanc de la colline (date incertaine)
- 1869Découverte de la partie nord lors du percement de la rue Monge
- 1883Mise au jour de la partie sud ; campagne de sauvegarde soutenue par Victor Hugo
- 1884Classement monument historique
- 1892Ouverture du square autour de la moitié sud
- 1915–1918Rachat et restauration de la partie nord sous la direction de Louis Capitan
Plaques à moins de 250 m
- 49 Rue Monge · 50 m
ARENES DE LUTECE / PARTIE NORD DECOUVERTE EN 1869 / PARTIE SUD MISE AU JOUR 1883-1885 / L'ENSEMBLE RESTAURE 1917-1918
- 5 Rue Des Arenes · 60 m
JEAN PAULHAN / 1884 - 1968 / VECUT DANS CETTE MAISON / DE 1940 A SA MORT
- 11 Rue De Navarre · 90 m
EMILE MALE / DE L'ACADEMIE FRANÇAISE / HISTORIEN / DE L'ART CHRETIEN / A VECU / DANS CETTE MAISON / DE 1900 A 1954
- 6 Rue Rollin · 110 m
BENJAMIN FONDANE / (JASSY, 1898-AUSCHWIZ, 1944) / POETE ET PHILOSOPHE FRANÇAIS, HABITA DANS CETTE MAISON / DU 15 AVRIL 1932 AU 7 MARS 1944. / " SOUVENEZ-VOUS SEULEMENT QUE J'ETAIS INNOCENT / ET, TOUT COMME VOUS, MORTELS DE CE JOUR-LA. / J'AVAIS, MOI AUSSI, UN VISAGE MARQUE/ PAR LA COLERE, PAR LA PITIE ET LA JOIE./UN VISAGE D’HOMME TOUT SIMPLEMENT ! "
- 15 Rue Linne · 120 m
STANISLAS FUMET / 1896 - 1983 / HOMME DE LETTRES, RESISTANT / A VECU DANS CET IMMEUBLE / AVEC SON EPOUSE ANIOUTA / DE 1920 A 1983
- 8 Rue Rollin · 130 m
DE 1942 A 1964 AU 8 RUE ROLLIN / L'INSTITUT D'ARSONVAL / CENTRE D'APPRENTISSAGE DE / FORMATION SUPERIEURE DE L'ACADEMIE DE PARIS / A FORME 2600 ASSISTANTS ET ASSISTANTES TECHNIQUES EN / ANALYSES BIOLOGIQUES / ELECTRORADIOLOGIE MEDICALE / ELECTRICITE INDUSTRIELLE │ CREE EN 1942 PAR EDOUARD SOULEBEAU │ INGÉNIEUR DE L'ÉCOLE BREGUET ET DE │ L'ÉCOLE SUPERIEURE D'AERONAUTIQUE │ L'INSTITUT D'ARSONVAL A ETE ANNEXE EN 1961 A │ L'ÉCOLE NATIONALE DE CHIMIE PHYSIQUE BIOLOGIE DE PARIS │ PLAQUE APPOSEE LE 19 AVRIL 2013 PAR │ L'ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLEVES │ A L'OCCASION DU 70E ANNIVERSAIRE │ DE LA FONDATION DE L'INSTITUT │ EN PRESENCE DE │ MONSIEUR JEAN TIBERI, MAIRE DU 5E ARRONDISSEMENT │ MONSIEUR DENIS LAMBERT, DIRECTEUR DU CROUS │ MONSIEUR ANDRE SILHONNET, FONDATEUR DE L'ASSOCIATION │ MONSIEUR BERNARD LERAT, PRESIDENT DE L'ASSOCIATION
- 13 Rue Linne · 130 m
L'ECRIVAIN / GEORGES PEREC / A VECU / DANS CET IMMEUBLE / DE 1974 A 1982
- 8 Rue Rollin · 140 m
LA RESIDENCE UNIVERSITAIRE ROLLIN / A ETE INAUGUREE LE / MARDI 21 NOVEMBRE 2006 / PAR / JEAN TIBERI / Député de Paris / Maire du 5ème arrondissement / BERTRAND LANDRIEU / Préfet de la région Ile-de-France / Préfet de Paris / BERTRAND DELANOË / Maire de Paris / ??? / ???? / JEAN-PAUL HUCHON / Président du Conseil régional d'Ile-de-Frace
Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées. 17 en tout dans ce rayon.



