Un sanctuaire existait ici dès le VIe siècle, près d’un hospice pour voyageurs, sur la route qui franchit la Seine vers l’île de la Cité. Pillé par les Normands en 886, rendu au chapitre de Notre-Dame au XIe siècle, il passe vers 1125 aux clunisiens de Longpont, qui entreprennent de le rebâtir. L’église actuelle est commencée vers 1160-1170, les années mêmes où s’élève Notre-Dame de l’autre côté du fleuve, et partage son moment d’hésitation entre roman et gothique. Elle n’a jamais été achevée comme prévu. Le Julien qu’elle honore reste incertain : le saint hospitalier de la légende, ou l’un des deux anciens évêques martyrs de ce nom.
Pendant trois siècles, c’est l’église de l’Université. Maîtres et étudiants du Quartier latin y tiennent leurs assemblées, on y élit le recteur, jusqu’à ce qu’une émeute, en 1524, saccage l’intérieur et chasse les réunions ailleurs. En 1651, l’église délabrée est raccourcie de deux travées et reçoit la sobre façade classique qu’on lui voit encore ; peu après, le prieuré est uni à l’Hôtel-Dieu, le grand hôpital d’en face.
La Révolution en fait un magasin à sel. Rendue au culte en 1826, classée monument historique en 1846, elle est confiée en 1889 aux grecs-catholiques melkites, chrétiens arabophones de rite byzantin venus de Syrie et du Liban. Leur iconostase de bois sculpté, faite à Damas, est inaugurée en 1891 et ferme désormais le chœur médiéval. En avril 1921, les dadaïstes choisissent le jardin de l’église pour leur première « excursion » vers un lieu sans intérêt ; presque personne ne vient.
À côté, le square René-Viviani est aménagé à la fin des années 1920 sur l’emplacement de bâtiments du prieuré démolis. Son plus vieil habitant s’appuie sur une béquille de béton : un robinier faux-acacia que la Ville de Paris dit planté en 1601 par Jean Robin, jardinier et herboriste d’Henri IV, dont le genre porte aujourd’hui le nom. Ce serait, selon la tradition, le plus vieil arbre de Paris. La vue sur Notre-Dame, de l’autre côté du fleuve, compte parmi les plus belles de la rive gauche.
À regarder
- Le robinier étayé de béton près du mur de l’église.
- L’iconostase de bois venue de Damas, qui ferme le chœur du XIIe siècle.
- La margelle de puits conservée à l’intérieur de l’église.
- Le chevet vu du square, partie la plus ancienne de l’édifice.
- La fontaine de bronze de Georges Jeanclos (1991), dans le square.

Chronologie
- c. 1160–1170Début de l’église actuelle par les moines de Longpont (date incertaine)
- 1524Une émeute lors d’une élection universitaire endommage l’église
- 1601Robinier planté, selon la tradition, par Jean Robin (date incertaine)
- 1651Nef raccourcie et nouvelle façade
- 1846Classement monument historique
- 1889Confiée aux grecs-catholiques melkites
- 1921L'« excursion » Dada du 14 avril
Plaques à moins de 250 m
- 1 Bis Rue Saint Julien Le Pauvre · 0 m
REPUBLIQUE FRANÇAISE / LIBERTE - EGALITE - FRATERNITE / ADMINISTRATION GENERALE DE L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS / EGLISE SAINT-JULIEN-LE-PAUVRE / RECONSTRUITE AU XIIE SIECLE PAR LES SOINS DE L'ABBAYE DE LONGPONT ET ERIGEE EN PRIEURE. / L'EGLISE ET LE PRIEURE FURENT CEDES A L'HOTEL-DIEU ET INCORPORE A SON DOMAINE (AVRIL 1655) / P. MELIAND ETANT PRIEUR COMMANDATAIRE DE SAINT-JULIEN, LE CARDINAL MAZARIN ADMINISTRATEUR DE L'ABBAYE DE LONGPONT. /CESSION CONFIRMEE PAR BULLE DU PAPE ALEXANDRE VII (8 MARS 1659) ET LETTRES PATENTES DU ROI LOUIS XIV (JUIN 1697) /RESTITUEE A L'HOTEL-DIEU APRES LE REVOLUTION PAR DECRET IMPERIAL DE 1805. CETTE EGLISE A ETE AFFECTEE EN 1892 AU CULTE CATHOLIQUE GREC.
- 13 Rue De La Bucherie · 100 m
L'ANATOMISTE /JACQUES BENIGNE WINSLOW / 1669 - 1760 / NE A ODENSE - DANEMARK / INAUGURA ICI SON AMPHITHEATRE / 1745 / ASSOCIATION MEDICALE FRANCO-DANOISE / FONDATION NOVO / 1959
- 16 Rue De La Bûcherie · 120 m
DANS CETTE MAISON MOURUT/LE 3 FÉVRIER 1806/NICOLAS-EDME RESTIF DE LA BRETONNE/AUTEUR DU '’PAYSAN PERVERTI""""/ET DES '’NUITS DE PARIS'’
- 11, Rue De La Bucherie · 120 m
DANS CET IMMEUBLE / SIMONE DE BEAUVOIR/1908-1986 / A ECRIT ""LE DEUXIÈME SEXE"" (1949) / OUVRAGE FONDATEUR / DU FEMINISME MODERNE / ET / ""LES MANDARINS"" (1954) / PRIX GONCOURT
- 61 Quai Du Marche-Neuf · 180 m
ICI FUT REÇU / LE 24 AOÛT 1944 / D'UN AVION LÉGER / DE LA 2e DIVISION BLINDÉE / LE MESSAGE DU GÉNÉRAL LECLERC / AUX PARISIENS COMBATTANTS / """"TENEZ BON NOUS ARRIVONS""""/ LANCÉ / PAR LE CAPITAINE JEAN CALLET / ET PAR / LE LIEUTENANT ÉTIENNE MANTOUX /MORT AU CHAMP D'HONNEUR
- 88 Boulevard Saint Germain · 190 m
Gabriel BALBO / 1943 - 2021 / Psychanalyste / Fondateur de la / Libre Association Freudienne / a vécu et exercé / dans cet immeuble de 1981 à 2021
- 3 Rue De Boutebrie · 200 m
ICI FUT INAUGURÉE LE 12 NOVEMBRE 1924 « L’HEURE JOYEUSE », PREMIÈRE BIBLIOTHÈQUE POUR LA JEUNESSE EN FRANCE. OFFERTE AUX ENFANTS DE PARIS PAR LE COMITÉ AMERICAIN « THE BOOK COMMETTEE ON CHILDREN’S LIBRAIRIES », ELLE DEMEURERA EN CE LIEU JUSQU’EN 1974. CLAIRE HUCHET, MARGUERITE GRUNY ET MATHILDE LERICHE EN FURENT LES PREMIÈRES BIBLIOTHÉCAIRES. POUR FAVORISER LA LECTURE ET PROMOUVOIR L’UTOPIE D’UN MONDE EN PAIX, ELLES S’APPUYÈRENT SUR LE PRINCIPE DE L’ « EDUCATION NOUVELLE » VISANT À DONNER UNE LARGE AUTONOMIE AUX ENFANTS. ELLES INSPIRÈRENT DES GÉNÉRATIONS D’AUTEURS JEUNESSE
- 90 Boulevard Saint-Germain · 200 m
CHARLES GARNIER / ARCHITECTE DE L'OPERA / NE A PARIS LE 6 NOVEMBRE 1825 / EST MORT DANS CETTE MAISON / LE 3 AOUT 1898
Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées. 14 en tout dans ce rayon.
Sources
- Ville de Paris: Square René Viviani
- Wikipédia: Église Saint-Julien-le-Pauvre de Paris
- Wikipedia: Saint-Julien-le-Pauvre
- Monumentum (Mérimée PA00088416): Église Saint-Julien-le-Pauvre
- Wikipedia: Locust of Square René-Viviani
- Paris ZigZag: L’église Saint-Julien-le-Pauvre, une oubliée de la Rive gauche
- Wikidata Q1243760 (coordonnées, CC0)
- Base Mérimée PA00088416



