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Chapelle expiatoire

Curiosités · 8e arrondissement

Chapelle expiatoire

La chapelle de Louis XVIII sur le cimetière où furent enterrés son frère guillotiné et Marie-Antoinette, et où reposent encore des centaines d’autres.

Photo : Valdlentin, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

En 1722, la paroisse de la Madeleine ouvre un petit cimetière près de la rue d’Anjou. Il reçoit son premier grand contingent en 1770, lorsqu’une bousculade pendant le feu d’artifice donné pour le mariage du futur Louis XVI et de Marie-Antoinette fait plusieurs centaines de morts place Louis XV ; 133 y sont inhumés. Vingt-deux ans plus tard, la même place, devenue place de la Révolution, porte la guillotine, et le cimetière devient une fosse de la Révolution : Gardes suisses tués en défendant les Tuileries le 10 août 1792, puis, à partir d’octobre 1792, les guillotinés, dont Charlotte Corday, Madame du Barry, Olympe de Gouges, Madame Roland, Philippe Égalité, les députés girondins, quelque cinq cents personnes en tout.

Louis XVI y est enterré après son exécution, le 21 janvier 1793, dans une fosse à part ; Marie-Antoinette le suit le 16 octobre. Le cimetière est fermé en mars 1794, puis vendu. En 1802, un magistrat royaliste, Pierre-Louis Olivier Desclozeaux, l’achète, l’ouvre aux visiteurs et marque l’endroit qu’il croit être celui des tombes royales.

Au retour des Bourbons, Louis XVIII lui rachète le terrain. Des restes identifiés comme ceux du roi et de la reine sont exhumés et transférés le 21 janvier 1815 à la nécropole royale de Saint-Denis ; la première pierre d’une chapelle est posée le même jour. Les Cent-Jours interrompent le projet, qui ne démarre vraiment qu’en 1816 sous la conduite de Pierre Fontaine, ancien architecte de Napoléon, secondé par Louis-Hippolyte Lebas. En creusant les fondations, on exhume des ossements en nombre prodigieux ; Fontaine les fait sceller dans quatre ossuaires dont on perd ensuite la trace, jusqu’à ce que des caméras les retrouvent en 2018 derrière les murs de la chapelle basse. La chapelle est achevée en 1826 : un édifice sobre à coupole, derrière une cour bordée de cénotaphes.

Elle n’a jamais fait l’unanimité. En mai 1871, la Commune en ordonna la démolition ; selon l’histoire du monument, un homme se faisant passer pour un riche acheteur américain retarda les travaux jusqu’à la chute de la Commune ; la Commission du Vieux Paris s’opposa à sa destruction en 1903, et une dernière proposition de loi échoua en 1910. Classée monument historique en 1914, elle relève aujourd’hui du Centre des monuments nationaux. À l’intérieur, deux groupes de marbre se font face : Louis XVI soutenu par un ange, de François-Joseph Bosio, et Marie-Antoinette soutenue par la Religion, de Jean-Pierre Cortot, avec le testament du roi et la dernière lettre de la reine, dite son testament, inscrits à leurs pieds.

À regarder

  • Les cénotaphes de la cour, qui rappellent les Gardes suisses et les morts de la Révolution inhumés dans l’ancien cimetière.
  • Le Louis XVI de Bosio et la Marie-Antoinette de Cortot, face à face dans la nef.
  • Les textes du testament du roi et de la dernière lettre de la reine sur les socles.
  • La chapelle basse, derrière les murs de laquelle on a retrouvé les ossuaires en 2018.
  • Le square Louis-XVI qui l’entoure, aménagé en 1862.
Photo : Atget, Eugène (1857-1927). Photographe, Public domain, Wikimedia Commons

Chronologie

  1. 1722Ouverture du cimetière de la Madeleine
  2. 1793Inhumation de Louis XVI (21 janvier) et de Marie-Antoinette (16 octobre)
  3. 1794Fermeture du cimetière en mars
  4. 1815Transfert des restes royaux à Saint-Denis le 21 janvier ; pose de la première pierre
  5. 1826Achèvement de la chapelle sous Charles X
  6. 1914Classement aux monuments historiques
  7. 2018Localisation des quatre ossuaires derrière les murs de la chapelle basse

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Sources

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