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Cimetière de Picpus

Jardins et promenades · 12e arrondissement

Cimetière de Picpus

Un jardin de couvent devenu fosse pour 1 306 victimes de la Terreur, où La Fayette repose sous un drapeau américain.

Photo : Antoine Rex, CC0, Wikimedia Commons

À l’été 1794, la guillotine est transportée à l’est de Paris, à la barrière du Trône, rebaptisée Trône-Renversé, l’actuelle place de la Nation. Elle y fonctionne six semaines, au plus fort de la Terreur, parfois plus de cinquante fois par jour. Il faut des fosses. Le jardin d’un couvent de chanoinesses de Saint-Augustin, confisqué en 1792, se trouve à quelques centaines de mètres : on y creuse deux fosses. Du 14 juin au 27 juillet 1794, jour de la chute de Robespierre, 1 306 personnes y sont jetées : aristocrates et domestiques, religieux, gens de toutes conditions, le poète André Chénier, Alexandre de Beauharnais, et seize carmélites de Compiègne, guillotinées le 17 juillet et canonisées en 2024.

Le lieu aurait pu tomber dans l’oubli. En 1797, la princesse Amélie-Zéphyrine de Salm-Kyrbourg, dont le frère Frédéric avait été exécuté le 23 juillet 1794, achète discrètement la parcelle des fosses. En 1802, des familles de victimes, dont les Noailles, ouvrent une souscription pour acquérir le reste du jardin et forment un comité pour le garder. Une communauté religieuse s’installe dans le couvent, et l’on bâtit une chapelle où les noms des morts sont gravés sur des plaques de marbre.

À côté des fosses s’étend un petit cimetière réservé aux descendants des victimes. Sa tombe la plus célèbre est celle du marquis de La Fayette, mort en 1834. Son épouse Adrienne, qui avait perdu sa grand-mère, sa mère et sa sœur sous la guillotine en juillet 1794, y avait été inhumée en 1807, et il voulut reposer près d’elle, sous une terre rapportée de Bunker Hill.

Le 4 juillet 1917, peu après l’arrivée des troupes américaines en France, le colonel Charles E. Stanton vient rendre hommage sur la tombe, première occasion attestée où un drapeau américain y est placé ; depuis, une bannière étoilée flotte au-dessus d’elle, et l’on dit qu’elle ne fut pas descendue sous l’Occupation. Chaque 4 juillet, une délégation américaine lui rend hommage. Le cimetière reste privé, géré par une fondation, et accueille toujours les descendants de ceux qui reposent dans les fosses.

À regarder

  • L’enclos muré des deux fosses communes.
  • La tombe de La Fayette et le drapeau américain qui la surmonte.
  • Les plaques de marbre de la chapelle, où sont gravés les noms des morts.
  • Les noms de familles sur les tombes : Noailles, La Rochefoucauld, Montalembert, Montmorency.
Photo : Tangopaso, Public domain, Wikimedia Commons

Chronologie

  1. 1792Confiscation du couvent des chanoinesses de Saint-Augustin
  2. 17941 306 guillotinés inhumés dans deux fosses, du 14 juin au 27 juillet
  3. 1797La princesse Amélie-Zéphyrine de Salm-Kyrbourg achète discrètement la parcelle des fosses
  4. 1802Les familles des victimes rachètent le jardin par souscription (date incertaine)
  5. 1834La Fayette inhumé près de son épouse Adrienne
  6. 1917Hommage américain du 4 juillet ; le drapeau sur la tombe de La Fayette

Plaques à moins de 250 m

  • 35 Rue De Picpus · 20 m
    ICI / DANS DEUX FOSSES COMMUNES / ONT ETE INHUMES LES CORPS / DE PLUS DE 1300 PERSONNES / GUILLOTINEES SUR LA PLACE DU TRONE / DU 13 JUIN AU 28 JUILLET 1794

Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées.

Sources

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