Charonne fut un village de vignerons sur les collines à l’est de Paris jusqu’en 1860, quand la capitale l’absorba avec Belleville et les autres communes situées en deçà des fortifications. Son église a traversé l’annexion presque intacte et ressemble toujours à ce qu’elle était : une église de village en haut d’un petit escalier, avec un clocher trapu, un cimetière plein de vieilles tombes et une placette devant, là où passait la rue du village.
La tradition fait remonter ses origines à une rencontre, vers 430, entre Germain, évêque d’Auxerre, et la jeune Geneviève, future patronne de Paris, sur les pentes de Charonne ; un oratoire en aurait marqué l’emplacement. Les parties les plus anciennes, les gros piliers du clocher, datent du XIIe siècle. L’église est reconstruite aux XIIIe et XVe siècles, et une plaque près du chœur, datée de 1460, promet aux fidèles « quarante jours de vrai pardon ». Un incendie, au XVIIe siècle, détruit la façade ouest et une partie de la nef ; la façade actuelle porte la date de 1737.
Sa rareté tient au cimetière qui l’enveloppe encore. Les cimetières paroissiaux ont disparu de Paris au XVIIIe siècle pour des raisons d’hygiène ; celui-ci se trouvait hors de la ville, dans un village qui ne rejoindrait Paris qu’un siècle plus tard. Devenu cimetière communal en 1791, agrandi au XIXe siècle, il est aujourd’hui rattaché au Père-Lachaise. Seule Saint-Pierre de Montmartre partage cette disposition. Parmi les tombes, celle de François Bègue, dit le père Magloire, peintre en bâtiment qui se disait ancien secrétaire de Robespierre ; son tombeau du XIXe siècle est lui-même protégé. En 1897, lors de la démolition d’une annexe, des ouvriers mettent au jour les restes de quelque huit cents hommes, identifiés comme des combattants de la Commune fusillés en mai 1871 ; ils sont réinhumés le long du mur sud, où une plaque les rappelle.
La butte d’argile n’a jamais ménagé l’édifice. Après l’apparition de fissures graves en 2009, l’église est fermée, ses fondations consolidées et le sol fouillé, ce qui révèle une nécropole carolingienne ; elle rouvre après des travaux achevés en 2016. Les cinéphiles la connaissent par le mariage final des Tontons flingueurs (1963).
À regarder
- Le clocher médiéval trapu, partie la plus ancienne de l’église.
- La date de 1737 sur la clé du portail sud.
- La plaque d’indulgence de 1460, à l’intérieur, près du chœur.
- La tombe de François Bègue, le « père Magloire », dans le cimetière.
- La plaque du mur sud rappelant les communards inhumés là.

Chronologie
- c. 430Rencontre traditionnelle de Germain d’Auxerre et de Geneviève à Charonne (date incertaine)
- 1460Dédicace après reconstruction ; plaque d’indulgence
- 1737Construction de la façade actuelle
- 1860Annexion de Charonne à Paris
- 1897Découverte et réinhumation des restes d’environ 800 communards
- 1923Classement de l’église
- 2016Fin des travaux de consolidation
Plaques à moins de 250 m
- 148 Rue De Bagnolet · 240 m
CETTE MAISON ACHETEE / PAR LE BARON DE BATZ / EN 1787 / SERVIT DE REFUGE / AUX CONJURES ROYALISTES / QUI TENTERENT DE SAUVER / LOUIS XVI / LE 21 JANVIER 1793
- 50 Rue De Vitruve · 240 m
Ici a vécu/de 1946 à 1959/BARBARA/auteur compositeur interprète/1930-1997/""""Et faire jouer la transparence/au fond d'une cour aux murs gris/où l'aube aurait enfin sa chance""""
Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées.
Sources
- Ville de Paris: Cimetière de Charonne
- Diocèse de Paris: Saint-Germain de Charonne
- POP / Mérimée: Cimetière Saint-Germain-de-Charonne (PA00086781)
- Wikipédia: Église Saint-Germain-de-Charonne
- Wikipedia: Saint-Germain de Charonne, Paris
- Paris ZigZag: Le mystérieux et bucolique cimetière de Charonne
- Wikidata Q1410649 (coordonnées, CC0)
- Base Mérimée PA00086782



