La Bièvre était l’autre rivière de Paris. Venue du sud-ouest, elle serpentait à travers le 13e pour rejoindre la Seine près de la gare d’Austerlitz, et tanneurs, teinturiers et blanchisseurs se pressaient sur ses rives pendant des siècles. Dans ce coin bas de sa vallée, elle s’étalait en prés humides et en étangs entre deux bras. L’hiver, les étangs gelaient ; on découpait la glace pour la conserver dans des puits et d’anciennes carrières sur les hauteurs voisines, et ce commerce a donné son nom au quartier : la Glacière.
À partir des années 1860, la rivière polluée est peu à peu couverte et enterrée, les derniers tronçons à ciel ouvert, dont celui de la Glacière, disparaissant en 1912 ; sa vallée est remblayée, ici sur une grande épaisseur. La rue Brillat-Savarin, avec sa longue courbe, suit l’ancien cours. Le terrain rapporté était bon marché mais meuble, et les constructeurs se méfiaient d’y poser de lourds immeubles.
La Cité florale en est le fruit. À la fin des années 1920, une parcelle triangulaire de l’ancien pré, entre les rues Brillat-Savarin, Boussingault et Auguste-Lançon, est découpée en petits lots pour des maisons individuelles, chacune avec son jardin. Une cinquantaine sont bâties, le plus souvent de deux ou trois niveaux, en brique et en enduit, certaines avec les motifs géométriques de l’époque. Les ruelles sont pavées et reçoivent des noms de fleurs et de plantes grimpantes : rues des Glycines, des Iris, des Liserons, des Orchidées, des Volubilis, et au centre le square des Mimosas.
Près d’un siècle plus tard, les noms se sont réalisés. La glycine retombe sur les grilles au printemps, rosiers et grimpantes couvrent les murs, et les façades pastel ou ocre donnent à chaque ruelle sa couleur. Autour du triangle, la ville a poussé en hauteur, si bien que de l’intérieur on aperçoit des tours par-dessus les haies. Ce n’est ni un musée ni un parc mais un lieu où l’on habite, et c’est tout son charme : on y marche à voix basse.
À regarder
- Les plaques de rue : Glycines, Iris, Liserons, Orchidées, Volubilis, Mimosas.
- Les glycines au-dessus des grilles, splendides au printemps.
- La courbe de la rue Brillat-Savarin, qui suit la Bièvre enterrée.
- Le contraste entre les petites maisons et les grands immeubles qui cernent le triangle.

Chronologie
- 1443Le teinturier Jean Gobelin s’installe sur la Bièvre
- 1860Haussmann et Belgrand concluent qu’il faut couvrir la Bièvre
- 1912Couverture des derniers tronçons parisiens, dont celui de la Glacière
- 1928Lotissement et construction de la Cité florale (date incertaine)
Plaques à moins de 250 m
- 59 Rue Brillat-Savarin · 120 m
Fernand Braudel / 1902-1985 / Historien / Professeur au collège de France / membre / de l'Académie Française / a vécu dans cet immeuble / de 1970 à 1985.
Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées.
Sources
- Wikipédia: Cité florale
- Wikipédia: Rue de la Glacière
- Wikipédia: Bièvre (affluent de la Seine)
- Paris la douce: Cité Florale, la parenthèse enchantée
- Lutèce du Parisien: À la découverte de la Cité Florale
- Paris ZigZag: La Cité florale, micro-quartier pittoresque du 13ème
- Wikidata Q2974809 (coordonnées, CC0)



