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Hôpital Saint-Louis (quadrilatère historique)

Curiosités · 10e arrondissement

Hôpital Saint-Louis (quadrilatère historique)

L’hôpital de la peste fondé par Henri IV en 1607 : un quadrilatère de brique et de pierre, un jardin paisible, au cœur d’un hôpital en activité.

Photo : G.Garitan, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

À la fin du XVIe siècle, la peste revient sans cesse à Paris, et chaque fois l’Hôtel-Dieu, au pied de Notre-Dame, déborde : les malades s’y entassent à plusieurs par lit, en plein cœur de la ville. Après les épidémies de 1605-1606, Henri IV décide par un édit de mai 1607 de bâtir une maison de santé hors les murs, au-delà de la porte du Temple, sur le chemin de Belleville, assez loin pour protéger la ville, assez près pour que les médecins puissent s’y rendre. Le roi pose la première pierre de la chapelle cet été-là, et l’hôpital est placé sous le vocable de Saint Louis, son ancêtre, mort de maladie en croisade devant Tunis en 1270.

Le plan, attribué à Claude Vellefaux (certains historiens nomment Claude Chastillon), dessine un grand carré de salles autour d’une cour ouverte, dans la même brique et la même pierre claire que la place Royale, future place des Vosges, élevée dans ces mêmes années sous le même roi. On fait souvent le rapprochement, et il est juste : ce sont deux visages du Paris d’Henri IV, ordonné, aéré, rouge et blanc. Mais l’hôpital est d’abord une machine à isoler, presque une forteresse : chaque côté du carré, long de quelque 120 mètres, abrite à chaque étage une seule grande salle, le personnel loge dans des bâtiments distincts placés aux angles, et un double mur enferme la contagion.

Achevé vers 1612, il n’ouvre longtemps qu’en temps d’épidémie. Après l’incendie de l’Hôtel-Dieu, en 1772-1773, il accueille des malades en permanence, et au XIXe siècle il devient le berceau de la dermatologie française. Jean-Louis Alibert y fonde une école de dermatologie, et à partir de 1863 l’artisan Jules Baretta, qui façonnait des fruits en carton-pâte, modèle en cire peinte des peaux malades pour l’enseignement. Ses moulages forment le cœur du musée des Moulages, l’une des plus étranges collections médicales d’Europe.

L’hôpital moderne, construit à partir des années 1970 et en partie enterré pour ne pas écraser les bâtiments anciens, entoure désormais le noyau du XVIIe siècle. Le quadrilatère historique, protégé par étapes à partir de 1937, abrite bureaux et services ; son jardin intérieur, planté d’arbres et de pelouses, est l’un des lieux les plus calmes du 10e arrondissement. N’oubliez pas qu’il s’agit d’un hôpital : on y vient parce qu’on est malade, ou qu’on accompagne quelqu’un qui l’est.

À regarder

  • Les façades de brique et de pierre et les hauts toits d’ardoise, proches parents de la place des Vosges.
  • La cour carrée au cœur de l’ancien quadrilatère, et la longueur des salles qui l’entourent.
  • La chapelle, dont le roi posa la première pierre en 1607.
  • La manière dont l’hôpital moderne s’abaisse autour des bâtiments anciens au lieu de les dominer.
Photo : Hippolyte-Benjamin Adam, Public domain, Wikimedia Commons

Chronologie

  1. 1607Édit d’Henri IV fondant l’hôpital ; première pierre de la chapelle
  2. c. 1612Achèvement des bâtiments ; utilisés seulement en temps d’épidémie (date incertaine)
  3. 1773Après l’incendie de l’Hôtel-Dieu, l’hôpital accueille des malades en permanence (date incertaine)
  4. 1889Inauguration du musée des Moulages
  5. 1937Première protection des bâtiments historiques
  6. 1984–1989Achèvement de l’hôpital moderne autour du noyau ancien

Plaques à moins de 250 m

  • 33 Rue De La Grange-Aux-Belles · 100 m
    A LA MEMOIRE / DES 3710 HOMMES ARRETES / LORS DE LA RAFLE DU "BILLET VERT" / LE 14 MAI 1941 / PAR LA POLICE FRANCAISE / SUR ORDRE DE L'OCCUPANT NAZI / NOMBRE D'ENTRE EUX CONVOQUES AU 33 / RUE DE LA GRANGE-AUX-BELLES FURENT / RASSEMBLES DANS DES LOCAUX AU FOND DE / CETTE IMPASSE, PUIS INTERNES DANS LES / CAMPS DU LOIRET / AVANT D'ETRE DEPORTES A AUSCHWITZ / POUR LE SEUL FAIT D'ETRE NES JUIFS
  • 16 Rue Vicq D'azir · 220 m
    1892 - 1992| LE 17 OCTOBRE 1992| CLAUDE CHALLAL| ADJOINT AU MAIRE DE PARIS| MAIRE DU 10EME ARRONDISSEMENT| ET | CLAUDE GÉRARD MARCUS| CONSEILLER DE PARIS| VICE PRÉSIDENT DU CONSEIL GÉNÉRAL| DÉPUTÉ DU 10EME ARRONDISSEMENT| ONT PRÉSIDÉ LES CÉRÉMONIES| POUR LA CÉLÉBRATION DU CENTENAIRE| DE L'ÉCOLE VICQ D'AZUR

Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées.

Sources

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