Dans les années 1780, la Ferme générale, compagnie privée qui levait les impôts indirects du roi, convainc le gouvernement que trop de vin, de viande et de bois entrent dans Paris sans payer. La réponse est un mur. Commencé en 1784, achevé vers 1790, le mur des Fermiers généraux fait quelque vingt-quatre kilomètres autour de la ville. Ce n’est pas une fortification mais une barrière fiscale : les marchandises ne peuvent passer que par une cinquantaine de portes, où elles acquittent l’octroi.
L’architecte Claude-Nicolas Ledoux reçoit la commande des bureaux de perception, qu’il baptise propylées, d’après les portes de l’Acropole. D’un bureau de percepteur, il fait une suite de petits temples de la géométrie : cubes, cylindres, colonnes et coupoles, tous différents. Les Parisiens les détestent quand même. Un alexandrin anonyme court la ville : « Le mur murant Paris rend Paris murmurant. » Quand vient la Révolution, les barrières sont parmi les premières cibles de la foule, en juillet 1789.
Celle-ci est la plus imposante. Élevée de 1784 à 1788 à l’entrée nord de la ville, c’est un bloc carré flanqué de portiques sur chaque face, sous un grand tambour percé d’arcades, avec une cour intérieure ronde à ciel ouvert. Des commis y recevaient les déclarations et encaissaient la taxe. Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, Louis XVI et sa famille, fuyant les Tuileries sous un déguisement, changent de voiture près de cette barrière, au début du voyage qui s’achèvera à Varennes.
Lors de la démolition du mur, en 1860, quatre édifices de Ledoux sont épargnés : celui-ci, la rotonde de l’entrée du parc Monceau, les deux colonnes de la barrière du Trône et les pavillons de la barrière d’Enfer, à Denfert-Rochereau. La Rotonde sert ensuite de caserne, de magasin à sel, de bureaux ; incendiée sous la Commune, touchée par un bombardement aérien en 1918, elle manque encore de disparaître quand le métro aérien de la ligne 2 est construit autour d’elle au début du XXe siècle. Aujourd’hui, elle regarde à travers la place de Stalingrad le long bassin de la Villette, et abrite depuis 2009-2010 un restaurant et un lieu d’événements.
À regarder
- Les quatre portiques, un par face, et leurs robustes piliers carrés.
- Le grand tambour percé d’arcades qui couronne l’édifice.
- Le métro aérien de la ligne 2, qui contourne la Rotonde.
- La perspective vers le nord-est, le long du bassin de la Villette, ouvert en 1808.

Chronologie
- 1784Début de la construction du mur des Fermiers généraux
- 1784–1788Ledoux construit la Rotonde
- 1791La famille royale y change de voiture lors de la fuite à Varennes
- 1860Démolition du mur ; la Rotonde est épargnée
- 1871Endommagée par un incendie pendant la Commune
- 1907Classement monument historique
Plaques à moins de 250 m
- 6 Quai De La Seine · 180 m
Le 23 mars 1918 à 7:20 du matin le premier obus de la Bertha est tombé devant cet immeuble
Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées.
Sources
- Ville de Paris: De porte en porte, Paris se raconte
- Wikipédia: Rotonde de la Villette
- Paris ZigZag: Ce monument parisien a été construit à une époque où entrer dans Paris était payant
- Paris ZigZag: Connaissez-vous le mur des Fermiers Généraux ?
- Structurae: Mur des Fermiers généraux
- Wikidata Q1240015 (coordonnées, CC0)
- Base Mérimée PA00086761



