En octobre 1840, Honoré de Balzac, quarante et un ans, célèbre et criblé de dettes, loue quelques pièces dans une dépendance d’une maison plus vaste, rue Basse, à Passy, alors village hors des murs. Le bail est au nom de sa gouvernante, Louise Breugnol, et on le connaît dans le quartier comme « Monsieur de Breugnol ». Il faut un mot de passe pour entrer. La maison est accrochée au coteau qui domine la Seine : l’appartement a une porte de plain-pied sur le haut, et, en descendant quelques marches, une autre sur la rue Berton en contrebas. Disposition commode pour un homme dont les huissiers pouvaient sonner d’un côté comme de l’autre.
Il y reste sept ans. À une table toute simple, dans le petit cabinet de travail, il corrige l’ensemble de La Comédie humaine, titre qu’il donne alors à ses romans réunis, et écrit quelques-uns de ses derniers grands livres, dont La Cousine Bette, Le Cousin Pons et une bonne part de Splendeurs et misères des courtisanes. Il travaille la nuit, porté par le café, et part en 1847 pour une maison plus cossue rue Fortunée, où il meurt trois ans plus tard.
Le reste de la propriété a été absorbé par la ville ; la maison principale, qui masquait le pavillon côté rue, est démolie en 1937 lors de l’élargissement de la rue Raynouard. La modeste aile a survécu grâce à un admirateur, Louis Baudier de Royaumont, qui la loue en 1908 et l’ouvre au public comme un sanctuaire balzacien. Le pavillon est inscrit en 1913. L’État, à qui l’appartement avait été légué en 1929, le cède en 1949 à la Ville de Paris, et c’est un musée municipal depuis 1960, doté d’une bibliothèque de recherche sur l’œuvre et ses illustrations.
C’est la seule des demeures parisiennes de Balzac encore debout. Les pièces sont petites et basses, le jardin vert et pentu, avec une vue sur le fleuve vers la tour Eiffel. Rénovée, la maison a rouvert en 2019 avec une nouvelle entrée et un café côté rue Raynouard.
À regarder
- La table de travail et le fauteuil de Balzac dans le petit cabinet.
- La rue Berton, en contrebas : ruelle pavée entre de vieux murs, et la porte basse de la maison.
- La pierre du mur de la rue Berton qui marquait jadis la limite entre Passy et Auteuil.
- La Tête monumentale de Balzac par Rodin (vers 1899), dans la première salle.
Chronologie
- 1840Balzac s’installe sous le nom de Monsieur de Breugnol
- 1847Balzac part pour la rue Fortunée
- 1908Louis Baudier de Royaumont loue l’appartement pour en faire un musée
- 1913Inscription du pavillon aux monuments historiques
- 1949L’État cède la maison à la Ville de Paris
- 2019Réouverture après rénovation
Œuvres à voir ici

Photo : unknown, Public domain, Wikimedia Commons
Plaques à moins de 250 m
- 24 Rue Berton · 10 m
Borne posée en 1731 pour indiquer les limites des seigneuries d'Auteuil et de Passy Paris 1910
- 44 Avenue Du Président Kennedy · 140 m
Inauguration de la Place de la Bolivie / par / M. Jean Tibéri / maire de la Ville de Paris / Hommage à l'amitié franco-bolivienne / M. Gonzalo Sanchez de Lozada / président de la République de Bolivie / M. Carlos Antonio Carrasco, Ambassadeur de Bolivie en France. Paris 12-XI-1996
- 10 Rue Du Ranelagh · 240 m
PIERRE MAC ORLAN / 1882-1970 / DE L'ACADEMIE GONCOURT / A VECU DE 1913 A 1927 DANS CET / IMMEUBLE OU IL ECRIVIT NOTAMMENT / « LE QUAI DES BRUMES »
Plaques commémoratives, Ville de Paris (ODbL), transcriptions telles que publiées.



