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Émile Zola
Photo : Émile Zola, Public domain, Wikimedia Commons

1840–1902

Émile Zola

Le romancier des Halles, du grand magasin et du zinc, entré au Panthéon après J’accuse.

Zola naît à Paris, rue Saint-Joseph, le 2 avril 1840, grandit à Aix-en-Provence après la mort précoce de son père et revient dans la capitale avec sa mère, pauvre et résolu. Entré en 1862 à la librairie Hachette, où il finit par diriger la publicité, il écrit des chroniques et des critiques d’art et défend ses amis Manet et les peintres qu’on appellera impressionnistes.

Son cycle de vingt romans, Les Rougon-Macquart, publié de 1871 à 1893, est entre autres le grand portrait du Paris d’Haussmann. Le Ventre de Paris se déroule dans les nouveaux pavillons de fer des Halles ; L’Assommoir dans les rues ouvrières de la Goutte-d’Or ; Au Bonheur des Dames dans un grand magasin ; Nana dans les théâtres et les passages des boulevards ; L’Œuvre parmi les peintres des quais. Zola documente chaque décor par des carnets et des plans, et la ville qu’il décrit est exacte jusqu’à l’odeur.

Le succès lui vaut une maison à Médan, hors de Paris, et à partir de 1889 un vaste appartement rue de Bruxelles, au pied de Montmartre. Le 13 janvier 1898, L’Aurore publie sa lettre ouverte au président de la République sur l’affaire Dreyfus, sous le titre choisi par Clemenceau : J’accuse. Condamné pour diffamation, il passe un an d’exil à Londres. Il meurt dans son appartement de la rue de Bruxelles le 29 septembre 1902, asphyxié par les fumées de la cheminée ; l’enquête conclut à l’accident, mais beaucoup pensent aujourd’hui que le conduit fut bouché à dessein. Ses cendres sont transférées au Panthéon le 4 juin 1908.

Elles se solidifiaient, d’un gris verdâtre, plus géantes encore, avec leur mâture prodigieuse, supportant les nappes sans fin de leurs toits. Elles entassaient leurs masses géométriques; et, quand toutes les clartés intérieures furent éteintes, qu’elles baignèrent dans le jour levant, carrées, uniformes, elles apparurent comme une machine moderne, hors de toute mesure, quelque machine à vapeur, quelque chaudière destinée à la digestion d’un peuple, gigantesque ventre de métal, boulonné, rivé, fait de bois, de verre et de fonte, d’une élégance et d’une puissance de moteur mécanique, fonctionnant là, avec la chaleur du chauffage, l’étourdissement, le branle furieux des roues.

Greenish-grey in hue, they looked more solid now, and even more colossal with their prodigious masting of columns upholding an endless expanse of roofs. They rose up in geometrically shaped masses; and when all the inner lights had been extinguished and the square uniform buildings were steeped in the rising dawn, they seemed typical of some gigantic modern machine, some engine, some caldron for the supply of a whole people, some colossal belly, bolted and riveted, built up of wood and glass and iron, and endowed with all the elegance and power of some mechanical motive appliance working there with flaring furnaces, and wild, bewildering revolutions of wheels.

L’aube sur les nouvelles Halles de Victor Baltard : Zola voit dans les pavillons de fer une machine à nourrir la ville.

✓ Citation vérifiée mot à mot sur l’édition indiquée.

Adresses

  1. 10 rue Saint-Joseph · 2e · 1840

    Sa maison natale, le 2 avril 1840.

    EMILE ZOLA/ EST NÉ/ DANS CETTE MAISON/ LE 2 AVRIL 1840
  2. 142 rue Montmartre · 2e · 1898

    Alors les bureaux du journal L’Aurore, où le 12 janvier 1898 Zola remit à Clemenceau sa lettre ouverte sur l’affaire Dreyfus, publiée le lendemain sous le titre J’accuse.

    C'EST DANS CET IMMEUBLE/ QUI ABRITAIT ALORS LES BUREAUX/ DU JOURNAL """"L'AURORE""""/ QUE LE 12 JANVIER 1898/ EMILE ZOLA/ REMIT A/ GEORGES CLEMENCEAU/ REDACTEUR EN CHEF SA LETTRE/ AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE/ FELIX FAURE/ DEMONTRANT L'INNOCENCE/ D'ALFRED DREYFUS/ ET PROCLAMANT:/""""LA VERITE EST EN MARCHE/ ET RIEN NE L'ARRETERA.""""/LE TEXTE PARUT LE LENDEMAIN/ SOUS LE CELEBRE TITRE/""""J'ACCUSE""""
  3. 21 bis rue de Bruxelles · 9e · 1889–1902

    Son dernier domicile parisien, où il écrivit J’accuse et mourut le 29 septembre 1902.

  4. Panthéon, place du Panthéon · 5e · 1908

    Ses cendres furent transférées au Panthéon en 1908.

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Sources