Brilliant Paris
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Victor Hugo
Photo : Étienne Carjat, Public domain, Wikimedia Commons

1802–1885

Victor Hugo

Le poète qui rendit une cathédrale célèbre et une ville épique, et dont le cercueil traversa Paris jusqu’au Panthéon.

Hugo est né à Besançon, mais c’est Paris qui l’a fait, et il a fait à son tour un Paris que les lecteurs parcourent encore. Enfant, il joue dans le jardin en friche de l’ancien couvent des Feuillantines, près du Val-de-Grâce, une sauvagerie dont il se souviendra toute sa vie. Jeune homme, il habite les rues de la rive gauche autour de Saint-Sulpice et la rue Notre-Dame-des-Champs, où il écrit Hernani, dont la première, en 1830, tourne à la bataille entre romantiques et classiques.

Notre-Dame de Paris, paru en 1831, accomplit ce que peu de romans ont réussi : changer le destin d’un édifice. Hugo situe son intrigue en 1482 et consacre des chapitres entiers à la cathédrale et à la ville médiévale vue de ses tours, en protestant contre l’abandon et les mutilations de son temps. Le livre contribue à retourner l’opinion en faveur de la restauration menée à partir des années 1840 par Lassus et Viollet-le-Duc.

De 1832 à 1848, il habite place Royale, l’actuelle place des Vosges, au faîte de sa gloire. L’exil sous Napoléon III le tient éloigné de 1851 à 1870, et c’est à Guernesey qu’il achève Les Misérables, roman des rues, des barricades et des égouts de Paris, publié en 1862. Revenu après la chute de l’Empire, il passe ses dernières années sur l’avenue qui porte déjà son nom et y meurt le 22 mai 1885. Son corps est exposé sous l’Arc de triomphe avant d’être conduit au Panthéon le 1er juin.

Paris est né, comme on sait, dans cette vieille île de la Cité qui a la forme d’un berceau. La grève de cette île fut sa première enceinte, la Seine son premier fossé. Paris demeura plusieurs siècles à l’état d’île, avec deux ponts, l’un au nord, l’autre au midi, et deux têtes de pont, qui étaient à la fois ses portes et ses forteresses, le Grand-Châtelet sur la rive droite, le Petit-Châtelet sur la rive gauche.

Paris had its birth, as the reader knows, in that old island of the City which has the form of a cradle. The strand of that island was its first boundary wall, the Seine its first moat. Paris remained for many centuries in its island state, with two bridges, one on the north, the other on the south; and two bridge heads, which were at the same time its gates and its fortresses,—the Grand-Châtelet on the right bank, the Petit-Châtelet on the left.

Tiré du chapitre où Hugo monte aux tours de Notre-Dame et reconstruit à leurs pieds le Paris de 1482, en commençant par l’île où la ville est née.

✓ Citation vérifiée mot à mot sur l’édition indiquée.

Car Paris est un total. Paris est le plafond du genre humain. Toute cette prodigieuse ville est un raccourci des moeurs mortes et des moeurs vivantes. Qui voit Paris croit voir le dessous de toute l’histoire avec du ciel et des constellations dans les intervalles.

For Paris is a total. Paris is the ceiling of the human race. The whole of this prodigious city is a foreshortening of dead manners and living manners. He who sees Paris thinks he sees the bottom of all history with heaven and constellations in the intervals.

Tiré de la longue méditation sur le gamin de Paris qui ouvre Marius, où l’enfant des rues devient une manière de dire la ville entière.

✓ Citation vérifiée mot à mot sur l’édition indiquée.

Adresses

  1. Site of the former Feuillantines convent, rue des Feuillantines · 5e · 1808–1813

    Hugo passa une partie de son enfance dans les bâtiments de l’ancien couvent des Feuillantines, dont il évoqua le jardin sauvage dans ses poèmes.

    VICTOR HUGO / A PASSE UNE PARTIE DE SON ENFANCE / DE 1808 A 1813 / DANS LES BATIMENTS / DE L'ANCIEN COUVENT DES FEUILLANTINES / QUI OCCUPAIT CET EMPLACEMENT / [EN BAS A DROITE] 1912
  2. 9 rue Jean-Goujon · 8e · c. 1830–1832

    La maison où, selon la Ville de Paris, Hugo écrivit Notre-Dame de Paris.

  3. 6 place des Vosges · 4e · 1832–1848

    L’appartement de Hugo au deuxième étage de l’hôtel de Rohan-Guéménée pendant seize ans ; aujourd’hui la Maison de Victor Hugo. → Maison de Victor Hugo

    VICTOR HUGO / HABITA DANS CET HOTEL / DE 1833 À 1848
  4. 124 avenue Victor-Hugo (then avenue d’Eylau) · 16e · until 1885

    Emplacement de l’hôtel où Hugo passa ses dernières années et mourut le 22 mai 1885 ; la maison a disparu.

    ICI S'ELEVAIT L'HOTEL / OU VICTOR HUGO EST MORT / LE 22 MAI 1885
  5. Panthéon, place du Panthéon · 5e · 1885

    Le cercueil de Hugo y fut porté le 1er juin 1885 après des funérailles nationales ; il repose dans la crypte.

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Sources