Brilliant Paris
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Charles Baudelaire
Photo : Notwist, Public domain, Wikimedia Commons

1821–1867

Charles Baudelaire

Le poète de la ville moderne, qui vit tomber le vieux Paris sous la pioche du Second Empire et en écrivit l’élégie.

Baudelaire naît au Quartier latin en 1821 et passe presque toute sa vie à Paris, d’un meublé ou d’un hôtel à l’autre, souvent pour échapper à ses créanciers. Jeune homme pourvu d’un héritage à dépenser, il habite l’île Saint-Louis, d’abord quai de Béthune, puis sous les combles de l’hôtel de Lauzun, quai d’Anjou, où il s’habille en dandy, achète des tableaux et côtoie les écrivains du club des Haschischins, à l’étage inférieur.

Les Fleurs du mal paraissent en 1857 et sont poursuivies pour outrage à la morale publique ; six poèmes sont condamnés. Pour la seconde édition, en 1861, Baudelaire ajoute une section nouvelle, les Tableaux parisiens, et invente une manière d’écrire la ville qui est encore la nôtre : la foule, les becs de gaz, les chiffonniers, les petites vieilles, la passante entrevue et perdue. Le Cygne, dédié à Victor Hugo exilé, est écrit au moment où l’on rase le vieux quartier entre le Louvre et les Tuileries pour achever le palais, l’un des grands chantiers du Paris du Second Empire.

Ses poèmes en prose, réunis après sa mort sous le titre Le Spleen de Paris, portent la même attention dans la prose. Malade et endetté, il passe deux années amères à Bruxelles et revient à Paris après une attaque en 1866. Il meurt dans une maison de santé de Chaillot le 31 août 1867 et repose au cimetière du Montparnasse, dans le tombeau de son beau-père, le général Aupick.

Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve,
Pauvre et triste miroir où jadis resplendit
L’immense majesté de vos douleurs de veuve,
Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit,
A fécondé soudain ma mémoire fertile,
Comme je traversais le nouveau Carrousel.
Le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville
Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel) ;

Andromache, I think of you! The stream,
The poor, sad mirror where in bygone days
Shone all the majesty of your widowed grief,
The lying Simoïs flooded by your tears,
Made all my fertile memory blossom forth
As I passed by the new-built Carrousel.
Old Paris is no more (a town, alas,
Changes more quickly than man’s heart may change);

L’ouverture du Cygne, écrit quand on rasait les vieilles maisons et les baraques du Carrousel pour achever le Louvre : la ville change plus vite que le cœur.

✓ Citation vérifiée mot à mot sur l’édition indiquée.

Adresses

  1. 15 rue Hautefeuille · 6e · 1821

    Emplacement de la maison où Baudelaire naquit le 9 avril 1821 ; elle a disparu.

    Charles BAUDELAIRE/En ce lieu s'élevait la maison/où naquit le poète Charles Baudelaire/le 9 avril 1821
  2. 22 quai de Béthune · 4e · 1842–1843

    Son premier logement sur l’île Saint-Louis, dans les années où il dépensait son héritage en dandy.

    HOTEL/LEFEBVRE DE LA MALMAISON/Conseiller au Parlement/1645/BAUDELAIRE Y VECUT/en 1842 et 1843
  3. 17 quai d’Anjou, Hôtel de Lauzun · 4e · 1843–1845

    Des chambres sous les combles de l’hôtel de Lauzun, où le club des Haschischins se réunissait chez le peintre Fernand Boissard. → Hôtel de Lauzun

  4. 19 quai Voltaire · 7e · 1856–1858

    L’hôtel du Quai Voltaire, où il vécut dans les années de la première édition des Fleurs du mal.

    ICI/CHARLES BAUDELAIRE/JEAN SIBELIUS/RICHARD WAGNER/OSCAR WILDE/ONT HONORE PARIS/DE LEUR SEJOVR
  5. 1 rue du Dôme · 16e · 1866–1867

    La maison de santé du docteur Duval, à Chaillot, où il passa ses derniers mois après une attaque et mourut le 31 août 1867.

    LE POETE CHARLES BAUDELAIRE / 9 avril 1821 - 31 août 1867 / a vécu, ici, ses derniers jours
  6. Cimetière du Montparnasse, 6th division · 14e · 1867

    Sa sépulture, dans le tombeau de son beau-père le général Aupick ; un cénotaphe distinct fut élevé dans le cimetière en 1902.

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Sources